Suis-je comme Marie-Madeleine dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne nouvelle ?

C’est là, quand je me retrouve seule au cœur de mes souffrances, quand le désespoir semble m’envahir et en même temps, j’ose encore espérer que la lampe si faible soit-elle, reste encore allumée, pour que la vie ait encore un sens. C’est là, un jour où j’étais seule face à moi-même, mon seul interlocuteur étant replié dans le silence, au cœur de mes épreuves qui me semblaient interminables, venant de tous côtés, quand, à bout de forces, ma voix cria au secours, quand je suppliai de l’aide, dans la reconnaissance de mes faiblesses, dans mes larmes versées mêlées d’affliction et de repentance ; c’est cet état d’être qui a laissé place à un grand vide intérieur (le tombeau vide). Cette mise à nu, cette attitude a ouvert en moi une porte intérieure dont je ne détiens pas la clé. Et je m’entends dire encore : « Seigneur Jésus, toi qui nous promets le bonheur, la paix, la joie, toutes les belles choses qui nous sont racontées dans les évangiles, j’aurai tellement envie que tout cela se réalise.

A peine avais-je fini de prononcer ces paroles, que je me suis sentie soudainement comme envahie d’une douce et apaisante lumière, comme transportée dans un environnement où il n’y a plus de frontières, où tout est aplani avec un alignement parfait où seul l’Amour règne en Maître : sensation de légèreté, de liberté totale, d’abondance où tout est agréable à vivre, et tout cela, sans pour autant avoir accompli le moindre effort pour le mériter. Les mots ici ne sont pas assez forts pour décrire l’intensité de cet instant.

Malgré mes peurs encore très présentes au moment, je me souviens avoir dit : « si c’est ça ton bonheur promis, Jésus, alors, oui, je suis d’accord pour suivre le chemin qui y conduit ».

Depuis cet instant, ma vie a basculé, c’est certain. Je ne croyais plus en un Dieu que je cherchais à l’extérieur, dans les commandements que j’avais appris par cœur et que je m’efforçais de respecter à la lettre dans une confiance totale, avec un esprit perfectionniste dans tout ce que j’accomplissais. Ici, c’est un Dieu d’Amour inconditionnel qui s’est manifesté en moi, qui m’a appelée à le suivre dans une confiance totale pour le découvrir sur mon chemin de vie.

Qu’est-ce qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne nouvelle ?  Bien évidemment, comme Marie-Madeleine, j’avais envie de le dire, de le proclamer. Mais à Qui ? Qu’est-ce qui m’en empêche ?

A mes proches : troublés par une maladie me concernant liée au religieux, la peur se serait à nouveau installée.

A l’Eglise catholique : perte de confiance, déçue du non accompagnement suite à mes appels de détresse.

J’ai été accueillie par un pasteur Evangélique : Je lui parlais du Dieu Amour, oui mais c’est aussi un Dieu juste, me disait-il. J’ai ici été renvoyée à suivre des cours bibliques par correspondance : Le chemin de la Vie.

J’ai par la suite, visité des sites internet, où des témoignages me confirmaient que je n’étais pas seule à avoir expérimenté cette rencontre. Mais je souhaitais malgré tout vivement partager cette expérience avec d’autres personnes proches de chez moi. Jusqu’au jour où j’ai retrouvé dans ma bibliothèque le livre de Marguerite Hoppenot « L’homme est une histoire sacrée », et apprenant qu’elle était à l’origine d’un mouvement apostolique composé exclusivement de laïques, j’ai ainsi pris contact avec le mouvement SEVE. Et j’ai aujourd’hui la grâce de pouvoir partager mes expériences de vie avec celles des autres membres de SEVE. C’est pour moi une grande joie de me sentir unie à une communauté fraternelle.

Colette