» Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » Lc 20, 27-38
Beaucoup de chrétiens refusent l’évocation de l’universelle et éternelle union d’Amour en Dieu, comme vérité possible de notre destinée, tant ils redoutent que leur personnalité propre et celle des êtres qui leur sont chers ne se perdent ou ne se dissolvent plus ou moins dans un vaste « tout » dépersonnalisé !
Ils se raccrochent à l’espoir d’une vie éternelle qui serait une sorte de vie actuelle transposée, surnaturalisée, libérée des contingences et des peines du temps et favorisée de la vision de Dieu comme de quelque spectacle sublime !
On imagine ainsi l’au-delà comme un lieu privilégié dont les élus, enfin délivrés de l’imparfait et de la terrible hypothèque de ce qui va finir, jouiraient d’un « repos » éternel.
Ces êtres réagissent comme s’ils n’avaient jamais subi la moindre attraction de Dieu, ni jamais éprouvé, ne fut-ce qu’un moment, la soif de l’absolu, la soif inextinguible d’union totale dont toutes les unions humaines ne sont que les approches.
Pour ma part, je vois la vie éternelle non comme un lieu suprême mais comme un état surnaturel, conséquence logique, indissociable, d’une qualité de vie.
De même que sur le plan de la vie humaine, on dit avec raison « être en vie », de même sur le plan des réalités invisibles, on pourrait dire dès ici-bas « être en vie éternelle ». On évoquerait ainsi une certaine qualité de vie effectivement éternisée par imprégnation divine et qui, dès lors, ne peut plus mourir.
Marguerite Ph. Hoppenot
Midi sur le monde, chapitre « Vie Éternelle »