Lire la Parole avec Marguerite Hoppenot

Lire la parole, accueillir la parole, garder la parole jusqu’à devenir soi-même parole vivante ! Tel est le long apprentissage qu’il nous faut faire de l’Évangile. Mais pour cela, il ne suffit pas de lire l’Évangile ni même de le commenter, comme on dissèque un texte de littérature. Il faut le prendre vraiment au sérieux, s’affronter personnellement à lui et ceci inlassablement. Car il ne s’agit pas seulement de lire l’Évangile de Jésus-Christ mais de pouvoir y lire, peu à peu, notre vie en filigrane.

Quelle interrogation brûlante, pressante, si nous ne voulons pas risquer que l’Évangile ne soit pour nous qu’un traité de vie spirituelle, voire même seulement une histoire périmée.

L’Évangile est né au contact de la vie. C’est face aux événements, aux êtres, qu’en Jésus-Christ, l’Esprit de Dieu s’exprimait. Esprit qui, au long des jours, suscita Sa Parole, cette Parole éternelle qui devint notre Évangile.

Accepterons-nous qu’à travers un fidèle chemin de mort et de vie, cet Évangile renaisse sans cesse en nous jusqu’à devenir peu à peu notre chair, parcelle ressuscitée de la chair du monde ?

Marguerite Hoppenot
Midi sur le monde
Ch. Fondement évangélique d’une vie contemplative

Qu’est-ce qu’aimer ?

On peut donner mille définitions de l’amour. Pour éclairer notre sujet je voudrais, aujourd’hui, vous proposer celle-ci :Aimer, c’est se mettre à la place de l’autre, jusqu’à devenir progressivement l’autre…Mais seule, la présence en nous de Jésus-Christ qui est l’Amour même, peut nous faire aimer de cette manière-là, qui nous ouvre aux autres, nous relie aux autres, nous fait devenir « les autres ».Pour rencontrer les autres, il faut, évidemment, « sortir de chez soi ». Car il n’y a pas de place en notre cœur en même temps, pour nous et pour les autres, pas plus qu’il n’y a de place à la fois pour nous et Jésus-Christ.Il nous faut donc consentir à ce que le double amour du Christ et de nos frères élimine peu à peu notre amour de nous-mêmes, nous dépossède, nous exproprie, en quelque sorte, de notre « moi » à leur profit.Aimer, c’est également accueillir, recevoir en notre cœur. C’est faire en sorte que nul ne se sente jamais seul auprès de nous, jamais étranger chez nous ...
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Création nouvelle

Seigneur, ouvre mon cœur à l’Amour toujours davantage afin qu’il s’ouvre à ta lumière. Alors du « tout » comme du « peu » que je suis, du peu que je fais,du peu que je vis, fais une création nouvelle… indéfiniment.Voici ma prière.Alors, rien n’est jamais la fin, c’est toujours un nouveau commencement, c’est toujours Noël. S’interroger sur le sens de sa vie, c’est cela se convertir. La conversion n’est pas réservée aux chrétiens. C’est retourner son cœur et l’ouvrir à d’autres valeurs, pour les chrétiens, celles de l’Evangile. Pour certains, c’est l’œuvre soudaine d’une certaine turbulence de l’Espritmais généralement, c’est une œuvre de longue durée. A travers ta quête de bonheur, ta soif de vivre, quel chemin vas-tu faire ? quel chemin dois-tu faire pour devenir un vivant éternel, « présence vivante » là où tu es, artisan de Royaume, pionnier d’une civilisation de l’Amour ? Jésus-Christ nous a dit : « Je suis le chemin » Jn 14,6 Fils de Dieu qui est Amour, le chemin est donc ...
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Configurés au Christ

Lorsque je pense à la somme des efforts accomplis par les apôtres de notre temps dans l’ordre de l’adaptation des méthodes apostoliques, afin de rejoindre les hommes, je ne puis m’empêcher de rêver à l’efficacité sans mesure que représenterait cette même somme d’efforts si elle était orientée d’abord, par ces mêmes apôtres, à leur adaptation personnelle et à leur configuration au Christ qui est Amour.Pour le Christ, il n’y avait pas de problème d’adaptation aux hommes.Il était parfaitement adapté à tous, qu’ils soient grands de ce monde ou misérables : qu’ils soient hommes, femmes, enfants…L’amour n’est-il pas, dans son essence même, adaptation à tous les êtres ?Pour être fidèle à sa mission, le Christ s’est uniquement préoccupé d’être configuré à Son Père. C’est ainsi qu’Il fut parfaitement "adapté" à rejoindre tous les hommes de tous les temps.Pour être fidèles à notre mission d’apôtres, au lieu de nous attarder à des recherches réitérées de méthodes, l’unique essentiel, la préoccupation majeure n’est-elle pas d’abord d’être, nous aussi, configurés au Christ afin d’être, à notre ...
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A l’image de Dieu

La première promotion humaine réside donc dans une augmentation de l’être : exister consciemment, passer de l’inconscience, c’est-à-dire de l’inconsistance, à l’être conscient qui a une substance et qui devient par là même un matériau apte à l’incarnation, apte à être, si l’on peut dire, transsubstantié.L’Amour ne peut prendre corps que dans un être existant. C’est tout le problème de l’incarnation par lequel, s’il y consent, l’homme se prépare à travers un chemin de mort et de vie, à la seconde étape : être Amour.N’est-ce pas la leçon de l’Ancient Testament où Dieu forme, éduque, punit, redresse, conduit son peuple de l’état de l’inconscience à celui de la conscience. Étape capitale par laquelle l’homme est préparé à pouvoir recevoir son Dieu, en Jésus-Christ. Étape à partir de laquelle l’homme, jusqu’à la fin des temps, est placé devant l’option du "oui" ou du "non" pour une incarnation continuée.Tout effort apostolique, missionnaire, éducatif même devrait, me semble-t-il, se référer à cette lumière-là.C’est alors que "l’être-amour", c’est-à-dire l’homme en vie de Jésus-Christ, en dynamisme vital ...
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