Un faux aiguillage

  • Post published:1 février 2022
  • Post category:Actualités

Une vue de foi pour une vie de foi : une interpellation de Marguerite Hoppenot. "L’erreur initiale de l’Église, celle qui a orienté toute sa théologie, comme sa spiritualité, m’apparaît être l’accent tonique mis sur la mort du Christ. Alors que le message central du christianisme est essentiellement un message de vie, éclairé par une lumière initiale, celle du mystère de l’incarnation, message du Verbe fait chair, de la Parole faite vie, du Dieu fait homme, du Fils de Dieu. Hors ce message initial, toutes les étapes de la vie du Christ sont privées de leur vraie signification de vie. C’est pourquoi, éclairant tous les mystères de la vie du Christ, il commande notre propre chemin de fils de Dieu. Privée de sa lumière, la mort du Christ oriente le christianisme dans une voie où domine le sacrifice ; et sa résurrection peut apparaître alors comme un acte magique, inaccessible et donc incompréhensible à des êtres humains. Comment s’étonner que le christianisme ait perdu son dynamisme prophétique de « vie nouvelle » qu’il venait annoncer ; et qu’il ait pris rang parmi les religions où commémorations, célébrations, dévotions ont progressivement étouffé l’appel à la conversion, à l’identification et finalement submergé la révélation du secret de la vie. Ainsi dévia peu à peu le véritable objet du christianisme, qui était la Révélation du Dieu vivant en Jésus-Christ, Dieu fait homme ; le dévoilement aux hommes de ce mystère de vie humaine divinisée étant l’indication de leur propre chemin, la révélation de leur propre destin. " Marguerite Hoppenot – Écrits personnels– 1970   Pour en savoir plus, lire « À propos de la mort du Christ » / Marguerite Hoppenot / Une vue prophétique : https://mouvement-seve.fr/2022/02/01/a-propos-de-la-mort-de-jesus-christ/

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À propos de la mort de Jésus-Christ

Les paroles que j’entends dès le début de ce carême nourrissent ma pensée et ma prière. Elles suscitent en moi des réflexions profondes … souvent bouleversantes. Elles éveillent des prises de conscience d’où jaillissent des lumières très vives, qui éclairent toujours plus loin le problème qui me brûle le cœur, celui du christianisme dans le monde ! L’interprétation sans cesse entendue, donnée à la mort du Christ, me paraît être le point de départ d’une déviation initiale de son message essentiel. On a attribué la mort du Christ au peuple juif : « délivrez Barrabas … que Jésus soit crucifié ». Si l’on reporte au contexte du temps et sachant combien la manipulation des foules est facile, on peut penser qu’on lui a fait dire ce que l’on a voulu ! Le peuple juif « déicide ». Non ! La mort du Christ est la conséquence inéluctable du « pouvoir ». Jésus portait ombrage au pouvoir politique et au pouvoir religieux du temps. Il soulevait et enthousiasmait des foules… Il était gênant ! Et nous assistons à leur complicité pour se renvoyer l’un à l’autre la responsabilité de la décision … et pour finir par s’entendre sur le dos du peuple inconscient de l’évènement qui se jouait alors, bien au-delà de ses apparences habituelles de condamnations et de crucifixions ! Jésus-Christ était un trublion vis-à-vis du pouvoir politique… Il soulevait les foules, se disait roi. Il faudrait se débarrasser de ce révolutionnaire … qui ne se révélait cependant « pas comme les autres » … inquiétant pour une conscience droite. D’autre part, Jésus-Christ était un laïc pour l’Église de son temps ! Il enseignait indûment dans les synagogues et les foules étaient suspendues à ses paroles : « Personne n’a jamais parlé comme cet homme ! » (Jn 7,46). La jalousie commençait à faire son œuvre secrète dans les cœurs. Il renverse les tabous, vient libérer l’esprit de la loi … renverser l’ordre du pouvoir : « le pouvoir est un service » et non pas une possibilité de dominer ! Les scribes, les pharisiens, les docteurs de la loi, les princes des prêtres, les spécialistes de la religion, les justes s’émeuvent ; ils se sentent secrètement menacés dans leurs privilèges et leur supériorité. Alors, on guette la faute de Jésus, l’erreur capitale, impardonnable, qui pourra le condamner… « On dit que tu es le Fils de Dieu, qu’en dis -tu ? » - « Je le suis ». Qu’avons-nous…

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